Fin de saison au Musée des Impressionnistes de Giverny


 Méandres de la Seine. Monet s’installe dans le japonisme. Le jardin d’iris, le pont rouge courbé, le bassin ombreux, l’Epte détournée, les saules, les libellules, des oiseaux de passage, un rouge-gorge casanier, le mois des cosmos, et les reines-marguerites que l’on trouve aussi dans un étrange tableau de Caillebotte à l’entrée de l’autre musée qu’on appelait américain, du temps où j’habitais Vernon.


Le mois de novembre est proche. Dans les rues du village, il reste quelques asters, des sauges en fleurs et même des fuchsias épargnés par la belle arrière-saison. Visite de l’exposition consacrée à Hiramatsu Reiji (né en 1941 à Tokyo) : les fantaisies de papier et d’or des larges paravents déclinent un espace conçu comme une temporalité. Par exemple les panneaux présentant les nymphéas sont rythmés par les lignes verticales des saules pleureurs ; leurs feuilles se métamorphosent de gauche à droite pour passer du vert au jaune. 


Pas de perspective dans une composition qui superpose une vue du dessus et de côté. Ou bien un arrière-plan décoratif de vagues stylisées ou de carreaux en camaïeu de bruns.


Feuilles d’érable façon nihonga, pétales de fleurs neigeant à la surface de l’étang, nuages empruntés à la manière d’Hokusaï, fantaisie en noir et blanc simulant l’hiver. Hiramatsu japonise tout en s’inspirant de Monet lui-même japonisant… 

Le cycle des inspirations et des saisons poursuit son jeu de miroirs avec un paravent parsemé de miniatures en forme de feuilles de nénuphar sur lesquelles on trouve une grenade, un escargot, le pont de Vernonnet, un croisement avec des panneaux de signalisation ou des calligraphies en patchwork.


Profiter de ce foisonnement de papiers peints, encrés, déchirés, dont la fragilité rend nécessaire leur remise en réserve pour plusieurs années, dès novembre…


 

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