la biennale d'art contemporain de Lyon cru 2024

Je ne sais plus trop quel jour de novembre sort le beaujolais nouveau, ce qui est certain c'est que la première neige y est tombée et qu'il fallait une vraie motivation pour ressortir, prendre un bus bondé plein de toux et de renflements pour aller visiter 
le proche institut d'art contemporain du Totem.

Meri Karapetyan (née en 1998 en Russie) D'origine arménienne,
elle vit et travaille en France. Son travail s'inspire des barbelés
militaires et de la notion de frontière pour la représenter autant
comme "une barrière physique" qu'une "opportunité de passage".


Les œuvres sont engagées, musicales ou animées. Ma préférence pour la collecte sonore d'une histoire de village inondé dans une langue régionale indienne que je ne comprends pas, sinon par l'émotion partagée. All is water, and to Water We must return de Sahil Naik.

Dans la première pièce, beaucoup de perles, de coquillages émaillés, du baroque hypnotique réalisé par Shivai La Multiple : 

Dans la seconde pièce, des histoires d'hôtel rédigées sur des matelas par Hilary Galbreaith. 
Oh pas celles de clients mais le quotidien des femmes de ménage ou plutôt... De chambre ?
Parfois les oeuvres ne me parlent pas, mais à la lecture du cartel, je reconsidère l'ensemble avec un peu plus d'attention. Parce que le titre, La maison en bois de lune, m'a accroché :


Dès septembre...

Le fantôme des locomotives, les clés sans maison, l’hagiographie anachronique à la Biennale ! telle est ma trinité pour cette Biennale de l’Art contemporain revenue à Lyon jusqu’au début de l’année prochaine. Si j’ai eu l’occasion de voir Les Grandes Locos, le soir du vernissage, ainsi que le MAC niché contre le parc de La Tête d’or (toujours l’occasion d’une double-promenade in and out door) le matin des premières visites guidées, ou encore la première salle de la Cité de la gastronomie pour une séance de thérapie par les vibrations des gongs avec l’artiste Guadalupe Maravilla, il me reste encore plusieurs lieux à arpenter (ou à retourner visiter car une seule approche est forcément lacunaire dans des lieux aussi variés et pour des artistes d’horizons nombreux).


On commence par les belles pierres de l’Hôtel-Dieu. On oublie très vite Annette Messager et ses animaux empaillés affublés de masques en peluche dans un espace muséal de bois mouluré (se rappeler plutôt Sophie Calle au Muséum d’Histoire Naturelle de Marseille, installant les Tableaux de Chasse des petites annonces matrimoniales parmi les poils et plumes des taxidermistes !) Mais il y a des artistes particulièrement intéressants : mon coup de cœur pour son mari, installant sur la neige des centaines de furin penchés sur leur tige comme des ombellifères et tintant au vent d’une steppe. 


J’ai aussi pris beaucoup de plaisir à détecter les erreurs temporelles de petits tableaux pseudo religieux où Jésus se confronte à un moustique, où les pèlerins se bouchent le nez à cause des pollutions modernes, où les éoliennes et les châteaux d’eau glissent des désaccords temporels dans les icônes si bien réalisées par , le même artiste peignant ce qu’on prend pour des vitraux sur des visières en plastique de la période covid.


 Nous sommes dans l’ancienne église de l’ancien hôpital où Rabelais opérait. 



Au Mac, beaucoup de tout ! salle bleue aménagée par : on marche en chaussettes dans une mise en scène de collectionneuse ; les époques s’y télescopent, tissus végétaux africains, kimonos géométriques, tentures de l’artiste affichant d’inquiétantes photos de groupe. Les seins de Madeleine sortant de la cascade blonde de ses cheveux, Lucrèce et ses violeurs, une étude de trop jeune fille sa blouse à demi défaite, attribuée à Hippolyte Flandrin. La pénombre douce recèle tant de sous-entendus.


Même tendresse faussée dans la salle rose aux scies tourbillonnantes comme des papiers tue-mouche géants ou des adn de métal. 


J’ai aimé les tableaux de Sylvie Fanchon, disparue depuis.


 Nettoyez votre Android (2022). 

En cherchant une interview de cette artiste, j’ai complété les explications de notre médiateur concernant son travail sur les injonctions de I.A (qui rejoignent celles qu’on peut avoir dans un parcours contre le cancer : Faites des projets ! Vivez normalement. Soyez positif…. Ce n’est pas moi qui l’explique, mais elle)


Je n’ai pas aimé le Mont de piété et ses traumatismes au clou. Là encore je repense à Sophie Calle réalisant en photo la dernière image de personnes devenues aveugles. Les objets censés représenter des histoires de vie qu’elle a collectées (par le biais d’une petite annonce) provoquent le malaise… mais quoi d’autres ?


Quelques photographies magnifient les liens familiaux. 


Nadav Kander (né en 1961 à Tel Aviv) pour  Chongqing IV dont le titre alternatif : Sunday picnic correspond davantage à cette image insolite sous les ponts en Chine.


Aglaé Bory (née en 1978 à Colmar) a ma préférence pour cet Autoportrait avec enfant (2014 dans sa série Corrélations) : 


Le cliché de  Luo Dan ( né en 1968 à Chongqing en Chine) se nomme Three Gorges Zigui Hubei, série China Route 318, 2006 : 


Elsa & Johanna et leurs reconstitutions théâtralisées.


Quelques cheminements donc, à compléter encore d’ici le début de l’année prochaine.


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