au pays d'Olga de Amaral
Dans ce pays temporaire et dessiné en spirale se trouve une salle secrète, si bien lovée au creux de l'exposition que je l'ai égarée à ma première visite, tout en la cherchant.
Y revenir donc un autre jour, et cette fois commencer l'exposition par le cœur du grand panneau bleuté.
Déambuler entre les toiles disposées comme des paravents en suspens, et trouver enfin le vestibule qui mène à une sorte de cirque, des bancs en parenthèse de part et d'autres des tapisseries empesées. Elles sont si pesamment chargées de matières que leur texture se bombent à la façon de monolythes. Mais ce sont bien des toiles. Boucliers d'or marqués de motifs ton sur ton. Cicatrices, gravures effacées, stèles à la mémoire de. Le rond des bancs propose de regarder derrière. Passer derrière les jîzos, voilà la sensation qui me revient. Le monde des esprits ou celui des corps en janus. Avec ces œuvres qui permettraient un moment d'échange.
Estelas (1996-2018)
Au sol, le poids des pans de gesso orfevré se dissout en ombres grises grâce à l'installation subtile de l'architecte de l'exposition.
Ci-dessous, dans le sens de la lecture : Nudo 10 (2011) Lin, gesso et acrylique - Escrito 19 (2017) Lin, gesso, acrylique, papier japonais et feuille d'or (2 détails) - Encalado en laca azur (1978) Laine et crin de cheval - Naturaleza mora (1979) Laine et crin
Quittant le sous-sol de la fondation Cartier, on peut alors remonter le temps vers les oeuvres premières du fiber Art qu'0lga de Amaral pratique depuis les années 70.
On peut aussi trouver les nuages effilés duXXIème siècle.
La salle d'exposition s'ouvre au milieu d'un jardin, comme une maison de verre. C'est la saison des hellébores et des premières jonquilles, le passage de relais de l'hiver vers le printemps. Comme Agnès Varda a vécu dans le quartier Montparnasse, rue Daguerre, donc non loin de Raspail et du Lion de la place d'enfer (du moins avant qu'elle ne prenne le nom d'un guerrier) on trouve deux oeuvres d'elle. Une petite cabane de jardin avec une projection cinématographique que le soleil empêche de regarder ce jour-là, et une statue de sa chatte qui me rappelle le tour de magie du court-métrage Le lion volatil.
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