le jeu de paume est aussi à Tours

Letizia Battaglia a commencé sa seconde vie, celle de photographe, à 39 ans, au milieu de l'émancipation sexuelle et de l'enfermement de la mafia et de la pauvreté. 

La rétrospective en noir et blanc que propose le château de Tours est un parcours visuel parfois très difficile où le sang est noir dans les rues délabrées et les voitures anguleuses du XXe siècle. Juges, commissaires, anonymes victimes de circonstance ou mafieux en règlement de compte sont saisis au moment où tout est fini, et ou l'image arrête le flux des corps.
Mon pas était rapide et mon regard vite posé sur le cartel pour effacer les images avec des mots. 
Yougoslavie, 1985

Ce ne sont donc pas ses photographies que je garderai en mémoire mais plutôt de nombreux portraits d'enfants et en particulier de filles d'une dizaine d'années : l'âge de Letizia lorsqu'elle a déménagé à Palerme, perdant sa liberté de mouvement et d'enfance. 
La petite fille et le berger, Baucina, 1986

La photographe cadre les visages des enfants ; que deviendra sa vie ? Tout est encore possible mais après ? A l'âge de la femme qui vient trop vite... elle-même s'est mariée à 16 ans.
Cette brodeuse appartient à l'antiquité de la petite Grèce. Elle a laissé Ulysse à ses enfers et pique son propre destin.
La femme mûre qu'est devenue Letizia quitte son île pour d'autres paysages :
Groenland,1993

USA 

Noël, via Mariano Stabile, 1984

Mais l'exposition et elle-même reviennent encore et toujours à Palerme, sa zone d'ombre et de lumière.


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