Matisse Marguerite et le Musée

Adéquation entre l'architecture et le propos de l'exposition sur Matisse et sa fille Marguerite au Musée d'art Moderne de Paris. Un coup d'œil à la tour Eiffel dominant la Seine avant d'arpenter la France et le temps en suivant le fil rouge ou plutôt le ruban noir d'une enfant de peintre qui passera de modèle à gestionnaire du travail de son père.

Résistance au changement précoce de mère, à la maladie, à l'observation incessante du pinceau, à l'émancipation puis la guerre du côté des Résistants justement.

C'est émouvant de retrouver presque de toucher du regard une robe portée sur un tableau.

La conversation sous les oliviers, Nice 1921
Coll. Tyssen, Marguerite et Henriette déguisées en Espagnole

Orientaliste, Andalouse, Japonaise, la figure de la jeune fille se métamorphose au gré des évolutions et des envies du peintre : Fauve post impressionniste cubiste rapidement intimiste avant-gardiste...

Tête blanche et rose, Paris Quai Saint-Michel, 1914-15
toile non vendue et conservée jusqu'à sa mort

Matisse peint Marguerite à Etretat, il la peint à la fête des fleurs de Nice en compagnie de son nouveau modèle ; il la peint en manteau écossais (c'est mon préféré) 
Mademoiselle Matisse en manteau écossais, Nice Quai des Etats-Unis, 
printemps 1918, collection particulière N.Y



il ajoute un chien (qui fait que te tableau déplaira à son époque)
 un chat, mais s'il peut éviter de peindre des mains... le repentir est cocasse !
C'est comme si la main disparue caressait encore le félin.

Bientôt tous ses tableaux repartiront au Japon, en Amérique ou dans des collections particulières, salons réservés aux regards privés.
De mon côté, je retourne du côté du fonds permanent, souvent mal éclairé mais si riche. Un fou de Picasso, des meubles art déco 

certains encore emprunts de japonisme dans la technique comme ce paravent aux ours polaires.

Et puis mon préféré, la femme de Bonnard dans sa baignoire. Lorsque quelques temps plus tard je me retrouve couchée sous le ciel du scanner, je ferme les yeux et je convoque les miroitements colorés des carreaux et de la peau. L'air devient une onde chaleureuse, bien loin de la médecine.


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